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François Lemaire
François Lemaire
François Lemaire est né dans la maison familiale de Dizy-le-Gros, dans le Nord de la France. Il est le cinquième enfant d’une famille de six. Il est baptisé à cinq jours par le père Michel qui glisse à l’oreille de son père, «celui-là, Joseph, il sera prêtre». Rêvant devant les douze tableaux du chemin de croix, l’enfant comprend qu’il était appelé à un autre destin. Il lui suffit d’une rencontre à sept ans avec le peintre Moustache, le Van Gogh du canton, pour s’en convaincre. Malgré un fort sentiment de culpabilité, François se sent irrévocablement attiré par la couleur : les champs de blé, le vert luzerne, la pierre blanche et l’ardoise, les roses et les lilas de sa grand-mère maternelle.

Il commence à voler dans le porte-monnaie de sa mère pour acheter des carambars et des crayons. Il voit dans les murs de sa chambre des fantômes qu’il retrouvera bien plus tard dans une exposition de Dubuffet. Il vole aussi des fruits dans les vergers, s’extasie devant la peau d’une pomme. Il ne peut pas manger la peau des pêches qui crissent comme les bas de sa mère et c’est son père qui les lui pèle. En 1969, Monsieur Vallejo, rapatrié d’Algérie, est instituteur à l’école des garçons. L’enfant va passer son temps à se demander si réellement Monsieur Vallejo a un pied noir. Il faudra attendre l’été pour le savoir. L’instituteur, républicain éclairé, voit en l’enfant un penchant pour la peinture et il lui dit : «la technique ne doit être là que pour aider à une meilleure expression du sentiment». Il le fait travailler sur les événements du village, François Lemaire a neuf ans. Il fait sa première exposition, à l’école, sur le thème «La vache en feu» suite à l’incendie de la ferme des Depreux. Il reçoit des mains de son grand-père, maire du village, le premier prix de peinture. Après, il y a un déménagement. Il quitte avec regret Monsieur Valejo.

François entre dans une sorte de prostration et promet de ne jamais rien faire pour satisfaire ses nouveaux maîtres, dont le châtiment corporel est la seule règle de pédagogie. Il lit le Grand Meaulnes. Deux ans de vacances. De Jules Verne, a envie de fuguer et le fera. Il se refuse désormais à peindre, il écrit des poésies et des quatrains au kilomètre. Dans plusieurs de ses poèmes, on retrouve le mot «goélette». L’Encyclopédie de l’art moderne, offert à sa sœur par son grand-père, à la Noël 1976, lui permet de découvrir autre chose que les marines à deux balles.

Il a maintenant seize ans.

Dans le livre de sa sœur, qu’il feuillette dans sa chambre clandestinement, un type se permet de concevoir un tableau carré blanc sur fond blanc, les pissotières deviennent des œuvres d’art et contrairement aux Trois Suisses, on peut voir en direct l’origine du monde.

C’est la période de l’amour. Il est émerveillé par les formes, il s’interroge sur les humeurs changeantes, il va dans les boums du samedi après-midi. Ses amis viennent en mobylette, lui, avec sa mère. La peinture, ça ne fait pas viril et la poésie maritime non plus. Il a peur.

Nadine est à six kilomètres, Isabelle à dix et Caroline à douze. François menace de redoubler si on le lui achète pas un vélo. On le lui promet s’il arrive à 12,50 de moyenne générale avec les encouragements des professeurs. Le pari est gagné mais à la fin de l’année, alors qu’il va rentrer en première, Nadine, Isabelle, comme Caroline montent déjà sur des motos.

Si le choix de peindre se confirme dès ses vingt ans, il se rend coupable d’en éprouver du plaisir et va jusqu’à refuser de vendre la moindre de ses toiles jusqu’à l’âge de trente ans. C’est seulement après avoir accumulé une énorme dette auprès de son psychanalyste et près de deux cents toiles dans son atelier d’Ivry-sur-Seine qu’il commence à exposer. En Allemagne pour commencer, puis en Suisse, en Espagne, en France.

Un soir de 1998, à Bruxelles, c’était chez un couple plein aux as. Un type qui portait un joli costume et qui travaillait dans une banque d'affaire s’est approché de lui. Avec un large sourire, en tendant la main, il a dit : «Alors c’est vous qui faites de la peinture ? » François a dit oui. «C’est bien comme hobby !» a répondu l’autre. Il était à peu près minuit, un bouchon de champagne a sauté sans qu’aucun des convives ait vu d’où il venait. On a entendu un cri, c’était la femme du type qui travaillait dans les assurances, une femme blonde avec des gros seins, elle venait de prendre le bouchon en pleine gueule.

Depuis ce temps, François Lemaire hobbise et ne fait que cela.

De séries en séries : «Maisons», «Maloin le cantonnier», «Fleurs», «L’animal» et «Paysages». Toutes ont un rapport direct avec la nature et l'enfance, c’est-à-dire, les lieux mêmes de la couleur.



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Commentaire (4)


François Lemaire est adhérent à l'association Hippocampe. Régie sous la loi 1901, l'association Hippocampe est ancré à Paris 20ème. Elle met en relation des artistes, des écrivains et les acteurs de la vie culturelle. Elle organise régulièrement des lectures, des ateliers d'écriture et des expositions, qui ont pour objet de favoriser les pratiques culturelles dans la cité et la fréquentation des créateurs et des œuvres.
mar. 10 févr. 2009 22:17:43 CET , 10:17
Si vous aimez la peinture, surtout n'hésitez pas, cliquez...
mar. 10 févr. 2009 22:40:16 CET , 10:40
Si vous aimez les objets poétique.
« comme une femme solitaire qui dessine pour parler dans le désert » (Eluard)
mar. 10 févr. 2009 23:03:27 CET , 11:03
Parce que la démocratie n'a pas encore envahi le monde !
mer. 11 févr. 2009 23:41:54 CET , 11:41

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